Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /Août /2008 11:25

Après trois semaines à Katmandou, il est l'heure de rentrer.

J'ai fini par retrouver ici Fabien et Coralie, partis de Montpellier en Deuch, et avec qui j'avais correspondu par mail depuis mon départ. En plus de tous les bons moments partagés à Katmandou, ils ont fait vivre mon rêve, celui de voir une Deuch se promener dans les rues de la ville! (voir le site de leur projet dans les liens)

La tête pleine de rencontres, de paysages, de villes, de routes et de chemins de traverse, j'atterris donc à Paris dans quelques jours, pour envisager la suite des évènements : Living East ?!? Berlin est certainement bien moins à l'est que Katmandou, mais je ne m'en vais pas moins y vivre un petite année à patrir de septembre...

Quelques photos du Népal à venir!

 

Par Clément - Publié dans : Népal
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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /Juil /2008 11:55
Dans le centre de Katmandou, impossible de comprendre ou d'imaginer ce qu'il se passe dans le pays. Thamel est infesté des habituels touristes aux cheveux longs et gras et aux pantalons bouffants, la vente des substances les plus diverses va toujours bon train, et quantité de nouveaux magazins tentent d'attirer l'attention des badauds étourdis par toutes les pancartes multicolores accrochées au-dessus des têtes. Et tous les journaux parlent de grèves, de manifestations, et de crise.

A quelques rues du centre, les rues sont barrées par des pilônes, des plots ou des canalisations en béton, des pneus qui brûlent, et des groupes de manifestants. S'ils sont plus ou moins organisés, ils ont le jet de brique facile pour les motards, les voitures ou les bus qui tentent de sortir de la ville. Tout le long de la route qui mène de l'aéroport à Bakhtapur, des pneus se consumment au milieu de la route pendant que les manifestants filtrent, ne laissant passer que les vélos et les piétons. Le long de la route, arrêtés depuis quelques heures ou quelques jours, des longues files de véhicules attendent dans l'espoir que la station service à la tête de la queue reçoive de l'essence et la distribue par rations de 4 litres. La pénurie a fait passer le prix de l'essence sur le marché noir à parfois plus de 100% du prix officiel, laissant à la majorité le choix de se ruiner pour travailler ou de rester chez eux.

Retour au centre ville. Une manifestation passe dans la ville, encadrée de brigades anti-émeutes, et rencontre un bus. Sacrilège! Un premier caillou part de derrière mais toutes les mains se lèvent pour que les autres ne suivent pas : c'est le bus d'un hôpital. Un type hilare balance de toutes ses forces une brique sur une moto, pas vraiment arrêté par l'idée que la femme assise derrière en amazone puisse en être la destination finale. Quand on a dit "on ne passe pas", on ne passe pas. Les seules voitures qui s'aventurent sans dégâts vers les sorties de la ville sont les 4x4 des Nations Unies et les ambulances...

L'augmentation du prix du pétrole indien a rajouté un élement dans la crise politique népalaise : les Maoistes sont assis entre deux chaises, ne pouvant reprendre les armes et ne pouvant se résoudre à rejoindre le gouvernement (encore non-formé) de peur de ne pas savoir gérer la situation actuelle. Le Vice-Président du Népal a prononcé son serment d'investiture en hindi, (il a declaré plus tard qu'il considère cette langue comme la linga franca du Népal), s'attirant ainsi les foudres de la population. On ne se moque pas si facilement d'un pays entier, en sous-entendant qu'il n'est qu'une simple partie de l'Inde, sans histoire propre, sans culture propre,... Une bonne partie des Népalais demande donc la démission du Vice-Président (un corrompu notoire), et les plus modérés réclament des excuses publiques. Quand on connait la réputation de l'homme... Verdict dans une semaine, date à laquelle le Vice-Président doit se justifier, achetant ainsi une semaine de calme dans les rues.


Par Clément - Publié dans : Népal
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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 08:13
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Par Clément - Publié dans : Kazakhstan
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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /Juil /2008 07:35
Le 23 juillet, exactement cinq mois après mon départ de Paris, je laissais les clefs de la Deuch sur un bureau à Almaty et je sautais de justesse dans un avion en partance pour Delhi. Le lendemain matin, j'étais à Katmandou. La fin de l'aventure.

Au terme d'une odyssée administrative, j'ai fini par arriver à importer la voiture au Kazakhstan, à signer un contrat amusant avec une entreprise locale, à confier devant un notaire qui ne parlait pas un mot d'anglais les pouvoirs d'immatriculer la voiture à mon nom à un employé de ladite entreprise (quinze jours de démarches), puis de transférer les papiers au nom de l'entreprise (quinze jours de démarches). Le dernier jour, une heure et demie avant le décollage de l'avion, je glissais dans mon sac à dos au bord de l'explosion la liasse de papiers administratifs collectés au Kazakhstan et sautais dans la voiture d'un des employés de l'entreprise en direction de l'aéroport. Le trajet de 45 minutes a été bouclé en 20 minutes, avec l'immense secours d'un ange gardien : 90km/h en ville, sur le parcours que le président allait emprunter quelques heures plus tard, soit tous les 200m une chemise bleue surmontée d'une grande casquette et un bâton orange qui attrape des voitures au hasard pour arrondir ses fins de mois. Disons que le hasard a bien fait les choses...

Après un nuit les yeux grands ouverts à l'aéroport de Delhi et un autre court vol, je suis arrivé à Katmandou. J'avais juste oublié un détail : me renseigner sur les prix du visa népalais. Avec quelques Rupies indiennes en poche, j'arrive avec un grand sourire à la douane et je demande le prix. Qui est passé de 30$ à la modique somme de 100$. "New system, Sir, very good!". Eh oui, "very good", surtout pour les caisses du nouveau gouvernement qui n'arrive pas à voir le jour. Mais pour moi, ça compliquait légèrement les choses. J'explique que je ne peux tout simplement pas payer le visa, et obtiens la possibilité de sortir retirer de l'argent dans l'unique distributeur vide de l'aéroport. Coincé et dans un élan de confiance venu tout droit d'Asie centrale, je ne trouve rien de mieux que d'emprunter 10 000 Rupies à un Népalais en échange de la promesse que j'allais prendre le taxi de son acolyte pour aller dans le centre... Ce qui m'a vallu une petite sueur froide quand il a commencé à s'engager dans des ruelles étroites définitivement dans la direction opposée du centre.

Tout s'est bien terminé, et je suis logé comme un roi dans la maison de Saru et Pramod, qui ont le chic d'habiter dans un quartier assez calme de la ville, tout en étant proches du centre. Difficile de faire mieux. Alors maintenant, au travail...
Par Clément - Publié dans : Kazakhstan
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 15:15

Et oui, comme depuis 1914 nous sommes dans l'ère de la fin des temps et clairement, TOUT est là pour l'indiquer, HEUREUSEMENT que les Témoins de Jéhovah sont là pour que nous puissions (enfin) nous convertir. Et être sauvés, puisque bien entendu, seuls les Témoins de Jéhovah le seront le moment venu (le Moment, pardon). Pourquoi ce délire? Eh bien parce que je les ai rencontrés! A Almaty! Eh oui! Il faut admettre que contrairement aux mines éminement rébarbatives accompagnées de costumes sombres et bon marchés que nous croisons sous cette appellation en France, à Almaty, la moindre des choses est de s'arrêter les écouter. Leur armée de prosélytes est bien mieux equipée : ils ont su convaincre des jolies jeunes filles qui arrivent rien que pour ca a vous faire lire leur petit message (elles ont un livre avec un texte dans environ toutes les langues de la planète...). Le mot est mignon, c'est dans doute ce que l'on aurait pu entendre à l'église en 1914 pour rendre les jeunes gens un peu plus sages ; et j'ai passé ma route...

Il y en ai vraiment qui ont oublié que si le monde est si pourri, ils leur reste encore deux mains pour le remettre d'aplomb.

Par Clément - Publié dans : Kazakhstan
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 09:23
Je profite du temps que j'ai pour revenir sur le Kirghizstan. Je suis parti de Bishkek avec Karl et Miquel, un Espagnol rencontré à l'auberge, pour la rive Sud du lac Issik Kul. Lac immense à 1600m d'altitude, qui tient son nom du fait qu'il ne gèle jamais malgré la rigueur des hivers locaux ("issik" veut dire "chaud" en kirghize), et qui a été formé par un immense glissement de terrain. Je tiens à préciser que sa "chaleur" n'était pas si chaude que ça...

De gauche à droite, Karl et Miquel

Premier campement

Les champs roses du Kirghizstan (si quelqu'un a une explication...)

A la fin du deuxième après-midi, après avoir encore longé le lac tranquilement pendant la journée, nous cherchions un endroit pour dormir, de manière à nous installer avant l'orage qui s'annoncait. Je vise une petite point et annonce : "je sens qu'il va y avoir un endroit sympa derrière la pointe". On passe la pointe et en bas de la route apparaissent les 4x4 de mes compagnons de traversée de la Caspienne! Alors pour fêter ca... apéro!


Quand le ciel descend... Bord de l'Issil Kul, le même soir.

Troisième jour, camping dans la montagne.

Une fois arrivés à l'extremité Est du lac, nous avons obliqué vers le Sud pour grimper un peu dans la montagne. Arrivés dans un lieu paradisiaque, nous nous arrêtons pour un thé sous une yourte avec du pain, de la crème, de la confiture... succulent. Le tout pour presque 20 fois le prix d'un thé normal. C'etait une "yourte à touristes"... Nous nous écartons un peu pour passer la nuit au bord de la rivière.

Le lendemain, nous déposons Miquel dans une ville au pied des montagnes et nous continuons notre petit périple en direction du lac Son Kul, situé à 3000m d'altitude, entouré de montagnes. Une tentative par une petite route est vite abandonnée : un camion qui descend la piste nous annonce qu'elle est bloquée par la neige qui vient de tomber... Tant pis, au moins, on aura vu ce superbe reste de propagande à la gloire de Lénine à la sortie d'un village, au milieu de nulle part...



Sur la route un peu plus loin, effectivement, nous pouvons voir qu'il a neigé : les montagnes sont définitivement plus blanches qu'à l'aller. Nous poursuivons notre route jusqu'à la nuit, traversons un grand plateau désertique semé de ruines de baraquements en béton et de postes de contrôle bien en activité malgré la nuit. Ambiance étrange sur cette route ou nous ne croisons quasiment personne... Après avoir trouve de nuit un petit chemin de traverse qui nous a mené sur un petit coin d'herbe au bord d'une rivière, nous nous effondrons sous la tente sans demander notre reste.

Le lendemain, nous partons pour la piste qui mène au Son Kul. Dans la montée au col à 3400m qui conduit au lac, il se met à neiger et nous croisons quelques yaks. La descente vers le lac est impressionnante. Ce grand lac est entouré de montagnes qui tombent doucement dedans, formant ainsi d'immenses plaines parsemmées de yourtes. Dans la descente, nous croisons une camionette qui nous fait signe de nous arrêter. Nous assistons mi-fascinés mi-dégoûtés à une scène de pêche... à l'électricité! Les types, tout excités, sortent de la camionette un générateur, un bâton avec deux fils de fer qui servent d'électrodes, et des épuisettes. Un homme va dans la rivière et électrocute les poissons (ils ne sont que paralysés), et les autres les récupèrent avec les épuisettes. Simple comme bonjour. J'imagine déjà la reproduction grand format après un chalutier. Bref, pour fêter la pêche et l'anniversaire de l'un des protagonistes, nous voilà partis pour une vodka, un kumis (lait de jument fermenté), un bout de pain et on remonte dans la voiture avec un sac plastique plein de poissons. La descente descend donc plus vite et nous approchons des yourtes.


De loin, je prends cette photo et je vois juste après l'un des hommes me faire de grands signes dans mon objectif : c'est sûr, on est bons pour un petit kumis... On s'avance et on se joint au cercle des hommes assis en tailleur ou sur leurs talons, devant leurs yourtes. Et dans ce calme immense, on nous sert un kumis. Puis un deuxième. Puis un troisième, etc. Moyennant quoi, quand nous repartons de ces yourtes, on a les paupières un peu lourdes et les guibolles un peu molles... Heureusement qu'une Suisse installée dans la région et son compagnon kirghize nous avaient prévenus qu'il y avait d'immenses trous en travers de la route sans quoi la voiture serait encore dedans à l'heure qu'il est. L'eau, en ruisselant à la fonte des neiges, creuse dans la piste de véritables fossés qui peuvent aller jusqu'à 50cm de profondeur. Et elle ne laisse pas de panneaux.

Apres avoir un peu roulé, nous nous posons pour deux nuits.

Là c'est bien? Ouais, ou bien par là, ca peut être pas mal aussi... Facile. Et on est pas dérangés par les voisins (ah, si, par leurs chevaux...). Le seul danger réside dans les légères dépressions de terrain par lesquelles l'eau de fonte ou de pluie ruiselle...


Et pendant ces deux jours, nous avons assisté à un spectacle quasiment permanent de la nature... Orages impressionnants, tempêtes de grêle, couchers de soleil, levers de pleine lune,...



Pour couronner le tout, le dernier matin, je me lève avec le soleil et le bruit des chevaux qui galopent. Je sors de la tente. Choc : il avait plu le soir, et tout a gelé pendant la nuit. Toute la steppe est donc blanche et brillante, couverte de gouttes gelées. La fumée du lac joue doucement avec les rayons jaunes du soleil, presques palpables. Inconscient des -2 degrés, j'observe fasciné le spectacle des chevaux dans la lumière du soleil levant. Jusqu'à ce que le froid me tombe enfin dessus et que je me réfugie au soleil derriere les carreaux de la voiture en attendant que Karl émerge...



Et c'est la redescente, l'enlevage progressif des couches empilées tout aussi progressivement pendant la montée, avant de se retrouver dans la chaleur de la vallée de Bishkek à rêver d'une bonne bouteille d'eau fraîche...
Par Clément - Publié dans : Kirghizistan
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Mardi 15 juillet 2008 2 15 /07 /Juil /2008 08:24
Est-il possible que les urbanistes soviétiques se soient inspirés de Le Corbusier et ses "unités d'habitation"? Loin de son concept dégradé que nous pouvons trouver dans les banlieues de toutes nos bonnes villes françaises, j'ai eu l'impression de le trouver à Bishkek, là où je vivais.

De toute évidence, le béton est omniprésent, et on est loin du style architectural de Le Corbusier (malgré quelques envolées futuristes comme vous pouvez le voir sur la première photo ci-dessous...). Mais tout le reste y est. De partout, des arbres cachent à la vue des piétons les bâtiments et apportent une agréable fraîcheur. Dans le grand espace libre devant l'entrée de l'immeuble, entre les arbres, une piscine et des jeux pour les enfants, balançoires, tourniquets et autres. Lieux d'animation, de petits îlots de boutiques vendant tout ce dont on peut avoir besoin au quotidien sont répartis entre les immeubles. On y trouve de la vodka au verre, du shampoing, des fruits et légumes frais, des boissons fraîches, des jeux pour les enfants, du détergent, des glaces, de la charcuterie, bref tout. Et dans un coin, une crêche. Mais le mieux réside sans doute dans l'atmosphère qui y règne...

Ici tout le monde semble se connaître. Une seule journée passée dans la rue à bichonner Titine dans l'espoir de la vendre m'a fait rencontrer mon lot de personnes qui par la suite me saluaient à chaque fois que je les croisaient. Les femmes viennent étendre leur linge dehors entre les enfants qui jouent, les papis qui lisent ou qui cuvent leur vodka, et les mamies qui discutent interminablement assises devant la porte de leur immeuble.

Et évidemment, ascenseur (qui fonctionne) dans les cages d'escalier, et dans chaque appartement, eau chaude, salle de bain et toilettes.

Est-il possible que ce résultat soit le fruit de l'urbanisme et l'architecture soviétique, ou simplement de la culture kirghize, leur chaleur et leur simplicité, qui ont fait de ce lieu un endroit si agréable à vivre au quotidien? Peut-être avons nous quelque chose à apprendre de ces "unités d'habitation", qui ne se limitent pas à un immeuble comme celles contruites par Le Corbusier, mais qui concernent un quartier entier!


Par Clément - Publié dans : Kirghizistan
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Vendredi 11 juillet 2008 5 11 /07 /Juil /2008 09:32

Depuis le premier juillet, ayant rassemblé tous les visas nécessaires à la suite et fin du voyage, j'habite donc à Almaty, dans un hôtel dont le luxe tout soviétique du bâtiment fait la paire avec le charme de l'hôtesse qui a clairement laissé son sourire dans sa poche et son amabilité au placard. La somptueuse lumière des néons éclaire nuit et jour les longs couloirs qui mènent aux chambres vides (sur 5 étages tout de même...). Les carreaux manquants au sol sont remplacés paisiblement par un ouvrier en chapeau traditionel qui verse du ciment dans le trou en laissant des mégots de cigarette partout dans les escaliers. Dans les douches au sous-sol, l'humidité attaque le moindre tuyau, reste de porte-savon, de porte rideau, et fait moisir la peinture qui pend en lambeaux du plafond. Mais au milieu de tout ça, et en mettant de côté les tags sur l'horrible tapisserie, ma chambre est plutot sympa. Les chambres voisines vides me permettent de jouer de la guitare sans risquer de troubler le sommeil de qui que ce soit, et malgré la décrépitude générale du bâtiment, tout est propre.

Ne pouvant aller en Chine, il me faut donc laisser la voiture ici pour continuer en avion. Comme d'habitude, facile à dire. L'ambassade de France me renvoie systématiquement à des services administratifs locaux (et donc russophones) à la moindre question. Merci. Les transporteurs (pour éventuellement envoyer la voiture en Inde) mettent une durée indéterminée à répondre à la moindre demande de devis. Point positif, j'ai réussi à obtenir grâce à Zhanar, une amie kazakhe qui travaille chez Procter&Gamble à Almaty, le détail des démarches à accomplir pour pouvoir vendre la voiture ici... Il ne me manque plus que l'acheteur!

Et hier soir, c'était chose faite : en allant prendre de l'essence, un type du haut de son gros 4x4 me demande en russe si la voiture est à vendre. En moins de 30 secondes on se met d'accord sur un prix, pas de problème, il paie les taxes d'importation, il me suit jusqu'à mon hôtel histoire de voir où il est pour revenir le soir même... Et il n'est jamais revenu. Et moi, j'étais prêt a monter dans l'avion. Pfffffff....

Par Clément - Publié dans : Kazakhstan
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Dimanche 29 juin 2008 7 29 /06 /Juin /2008 14:58
Les rencontres font le voyage, c'est certain.
Ambassade kazakhe. Il est huit heures du matin. Le consulat ouvre à neuf heures. Enfin, quand le consul arrive. Il y a déjà une petite dizaine de personnes devant nous, assises sur des bancs en discutant. Nous demandons qui est le dernier, puis nous nous asseyons pour siroter un jus d'abricot dans le semblant de fraicheur matinale, en attendant que le consul daigne nous honorer de sa trop illustre présence. D'autres personnes arrivent, demandent à leur tour qui est le dernier dans la file et attendent patiemment aux alentours. Vient un énorme 4x4 (au passage, il est toujours temps de vendre le vôtre...) aménagé en camping-car, suivi d'un camion camping-car. L'équipage d'Allemands soixante-huitards sur le retour descend et vient se poser juste devant la porte d'entrée, immédiatement suivis d'une troupe d'Indiens et de Pakistanais. Du coup, tout le monde vient se tasser devant la porte, et l'ordre élaboré soigneusement pendant une heure d'arrivées progressives passe à la trappe. Vient un jeune kirghize qui comme cela se fait dans le pays, demande qui est le dernier. Silence. Personne n'est capable de dire puisque tout le monde est sans-dessus-dessous. Il répète : "Qui est le dernier?", cette fois en kirghize, en russe, en anglais et en turc. Une voix timide vient de derrière et explique la situation. Et ce type s'attaque immédiatement à mettre de l'ordre là où il avait disparu. Ce qui n'est pas une mince affaire : les Indiens et les Pakistanais refusent de bouger d'un poil. Léger différend culturel : il ne comprennent absolument pas que l'on puisse faire la queue autrement qu'en se poussant les uns les autres pour rentrer, et que le meilleur gagne. D'ailleurs, il faut vraiment être stupide pour faire la queue assis sur un banc à vingt mètres de la porte. Le formidable kirghize essaie d'expliquer qu'ici, il y a un ordre, que d'autres ont attendu ici depuis une heure, etc. Rien n'y fait. Il essaie avec les Allemands, qui font semblant de ne pas comprendre l'anglais. Je dis au metteur d'ordre qu'ils comprennent très bien l'anglais, mais qu'ils n'ont pas l'intention de bouger. J'ai les mains qui me démangent : on ne peut pas dire que ce soit un problème culturel pour des Allemands de faire la queue et de respecter un semblant d'ordre établi. Incroyable. Une Allemande aux cheveux gris hirsutes et au maquillage forcé se retourne vers moi, plante ses yeux dans les miens et me demande avec un magnifique accent allemand qui vous rappelle inévitablement les pires scènes de torture du troisième Reich : "Mais fous n'afez pas honte?" Interloqué, je bafouille : "Euh, non. Mais de quoi devrais-je avoir honte?" "Mais fous nous afez trahi!" "Pardon, j'ai peur de ne pas comprendre le sens de ce que vous dites" "Fous nous afez trahi, fous afez dit à ce type impertinent que nous parlions anglais! Tout de même, entre européens..." "Alors écoutez chère madame, d'abord je ne vous ai pas trahi, j'essaie d'aider ce jeune à faire justice pour que tout le monde soit à sa place et je ne vois pas pourquoi vous auriez droit à un traitement de faveur sous prétexte que vous êtes européenne!" J'essaie de chercher un peu de calme tout au fond de moi mais l'impertinente qui traite les autres d'impertinents, ca m'a dépassé. Elle a continue comme ça pendant un bon moment, à incendier ce personnage merveilleux qui petit à petit mettait la queue en ordre. Restait un Indien, et l'Allemande. Le flic de la sécurité vient voir ce qu'il se passe et retourne discuter un peu plus loin. Le kirghize explique à l'Indien et à l'Allemande qu'il fera en sorte qu'ils ne rentrent pas avant leur tour. Parole tenue. Quand nous montions dans la voiture, elle était toujours devant la porte à brailler "Lass mich los! Lass mich los!". Le jeune pendant ce temps-là, au lieu de faire la queue, aidait un petit groupe de Turcs à remplir les papiers disponibles en russes uniquement. Génial.
Par Clément - Publié dans : Kirghizistan
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 15:04

Une ambassade est presque inmanquablement le premier aperçu d'un pays, avant que l'on y mette les pieds, et parfois avant même que l'on ait rencontré le moindre autochtone. Et le plus souvent, sous la croute administrative et bureaucratique (qui peut déjà donner une idée...), elle accompli sa mission de représentation avec soin, que ce soit volontaire ou non. Visite de l'ambassade d'Inde.

"Are you sleeping or what?!?"__________________________________________________________________________________
Je remplis deux pages pleines de questions bizarres et inutiles, puis je dois attendre que le consul arrive pour que je lui fasse ma demande. Entre-temps rentre un grand indien, imposant, avec une belle barbe poivre et sel. A peine a-t-il pousse la porte que deux chiens magnifiques, un noir et un blanc se jettent vers lui, sortis du fond de l'ambassade. Il les flatte rapidement et me regarde : "Are you the one driving that Deux Chevaux parked out there?". Temps mort. Le type connait les 2CV. "Yes that's me. I happen to have driven it from France..." Grand sourire du grand barbu. "Very good! These cars go everywhere, don't they? they're great!" On discute un petit moment pendant lequel je n'ai même pas le temps de lui demander comment il est possible qu'il connaisse ces voitures, puis il conclut : "Well, have a very nice time in India!" Je ne peux que repondre "Thank you very much, Sir, and have a nice afternoon". Le "Sir" semblait de rigueur. J'aurais pu imaginer me retrouver en Inde coloniale, situation inversée. Pendant tout ce temps, une secrétaire
russe pulpeuse regardait passivement son ecran d'ordinateur sans broncher, comme si tout ça était parfaitement normal, les chiens et tout le toutim. Juste après arrive le consul avec qui on discute un peu pour avoir les visas plus vite, et j'oublie de lui donner mes papiers de demande. Quand il revient, je lui lance mes plus plates exuses et lui tends mes papiers. En les attrapant pour les scruter un peu plus loin, il me jette : "Are you sleeping or what?"

Par Clément - Publié dans : Kirghizistan
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