Lundi 28 juillet 2008
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Dans le centre de Katmandou, impossible de comprendre ou d'imaginer ce qu'il se passe dans le pays. Thamel est infesté des habituels touristes aux cheveux longs et gras et aux pantalons bouffants,
la vente des substances les plus diverses va toujours bon train, et quantité de nouveaux magazins tentent d'attirer l'attention des badauds étourdis par toutes les pancartes multicolores accrochées
au-dessus des têtes. Et tous les journaux parlent de grèves, de manifestations, et de crise.
A quelques rues du centre, les rues sont barrées par des pilônes, des plots ou des canalisations en béton, des pneus qui brûlent, et des groupes de manifestants. S'ils sont plus ou moins organisés,
ils ont le jet de brique facile pour les motards, les voitures ou les bus qui tentent de sortir de la ville. Tout le long de la route qui mène de l'aéroport à Bakhtapur, des pneus se consumment au
milieu de la route pendant que les manifestants filtrent, ne laissant passer que les vélos et les piétons. Le long de la route, arrêtés depuis quelques heures ou quelques jours, des longues files
de véhicules attendent dans l'espoir que la station service à la tête de la queue reçoive de l'essence et la distribue par rations de 4 litres. La pénurie a fait passer le prix de l'essence sur le
marché noir à parfois plus de 100% du prix officiel, laissant à la majorité le choix de se ruiner pour travailler ou de rester chez eux.
Retour au centre ville. Une manifestation passe dans la ville, encadrée de brigades anti-émeutes, et rencontre un bus. Sacrilège! Un premier caillou part de derrière mais toutes les mains se lèvent
pour que les autres ne suivent pas : c'est le bus d'un hôpital. Un type hilare balance de toutes ses forces une brique sur une moto, pas vraiment arrêté par l'idée que la femme assise derrière en
amazone puisse en être la destination finale. Quand on a dit "on ne passe pas", on ne passe pas. Les seules voitures qui s'aventurent sans dégâts vers les sorties de la ville sont les 4x4 des
Nations Unies et les ambulances...
L'augmentation du prix du pétrole indien a rajouté un élement dans la crise politique népalaise : les Maoistes sont assis entre deux chaises, ne pouvant reprendre les armes et ne pouvant se
résoudre à rejoindre le gouvernement (encore non-formé) de peur de ne pas savoir gérer la situation actuelle. Le Vice-Président du Népal a prononcé son serment d'investiture en hindi, (il a declaré
plus tard qu'il considère cette langue comme la
linga franca du Népal), s'attirant ainsi les foudres de la population. On ne se moque pas si facilement d'un pays entier, en sous-entendant
qu'il n'est qu'une simple partie de l'Inde, sans histoire propre, sans culture propre,... Une bonne partie des Népalais demande donc la démission du Vice-Président (un corrompu notoire), et les
plus modérés réclament des excuses publiques. Quand on connait la réputation de l'homme... Verdict dans une semaine, date à laquelle le Vice-Président doit se justifier, achetant ainsi une semaine
de calme dans les rues.